Commission d’Albis et système pervers

Disques DursEuro-Billet

Mais jusqu’où iront-ils ?!
Nous sommes là dans un système pervers, initié il y a déjà longtemps par les taxes sur les K7 audio puis vidéo.

Autant on pouvait trouver une certaine justification pour les K7 audio, considérant qu’elles servaient plus volontiers à enregistrer la radio ou des disques de musique, que les braillements du petit Nicolas (quoique), ou le chant des oiseaux au printemps, autant un disque dur n’est pas un support d’enregistrement audio ou vidéo ! Alors oui, effectivement, certaines personnes stockent à outrance des gigaoctets d’oeuvres musicales et cinématographiques sur disque dur. Combien sont-ils à faire ça ? Quel pourcentage de la population ?

Un type qui a 500 Go de MP3 ne peut même pas les écouter! Ca représente 125 000 morceaux de musique = 11 000 heures de musique = 460 jours de musique 24h/24h… allez, ça représente 4 années de musique à raison de 8 heures par jour !!!!

Nous sommes dans un système pervers qui taxe injustement, sans discernement, l’ensemble de la population, sur présomption de culpabilité. Que devient cet argent collecté ? Comment est-il redistribué ? Quelle part va réellement aux artistes, quelle part en « frais de gestion » ? Tout ceci est-il bien légal à l’échelle européenne ?

Ma CDthèque représente plus de 600 CD (des vrais CD en plastique), j’achète de plus en plus sur iTunes, j’achète de moins en moins de CD, l’abandon des DRM et l’augmentation de la qualité des morceaux encodés (256 Kbits/s) vont me faire abandonner complètement le CD au profit d’albums dématérialisés achetés sur iTunes.

L’industrie de la musique va mal parce que :
– elle nous sert de la soupe trop facilement et depuis trop longtemps.
– elle a refusé de suivre l’évolution des modes de consommation (dématérialisation).
– elle n’a pas créé de nouvelles scènes.
– elle n’a pas suivi les envies de « LIVE » du public.
– elle a délaissé les petites scènes intimistes au profit d’usines à concerts (Bercy, Stade de France).
– elle a pénalisé l’honnête acheteur avec des CD piégés et des MP3 avec DRM.

Et aussi parce que :
– le budget des jeunes n’a pas doublé.
– le téléphone portable s’est greffé sur le budget.
– l’abonnement ADSL s’est greffé sur le budget.
– l’abonnement aux jeux en ligne s’est greffé sur le budget.
– les jeunes dépensent plus en fringues de marque.
– … et le budget des jeunes n’a toujours pas doublé.

Et aujourd’hui, pour rattraper ses erreurs, compenser l’incompétence de ses marqueteurs et de son exécutif, l’industrie du disque taxe l’industrie de l’électronique grand public !! Va t-on mûrir un jour ? Allons-nous promouvoir l’excellence plutôt qu’entretenir des systèmes pervers ? On a honte de l’argent que gagnent les grands artistes, et on n’a pas honte de ces collectes d’argent tordues ?

Qu’un artiste gagne des fortunes à la sueur de son front sur scène, qu’il vende des millions d’albums, n’a rien d’indécent, bien au contraire. Que l’industrie du disque taxe ainsi l’industrie de l’électronique grand public est une aberration française. Alors, pourquoi ne pas taxer ceux qui ont grevé le budget des jeunes (ou moins jeunes), opérateurs mobiles, opérateurs internet (c’est en cours), éditeurs de jeux en ligne, industrie de la mode ??

France réveille-toi, l’exception française ce n’est pas ça!!!
Il faut vraiment arrêter avec tous ces systèmes tordus!!!

Lu sur MacBidouille ce matin :

12,6% du prix des disques dur pour la copie privée ?
Source :
PC Inpact

Selon Les Echos, la commission d’Albis fixant les rémunérations sur la copie privée qui s’est réunie hier et aurait avancé certains chiffres sur la taxation des clés USB, cartes mémoire et les disques durs externes. Si elle devrait-être relativement faible pour les deux premières, entre 0,33 et 1,5% du prix HT, elle serait incroyablement élevée pour les disques externes de plus de 200 Go. On parle de 12,6% du prix hors taxes, soit environ 15% de plus sur le prix TTC final !
Dans les faits, un taxe aussi élevée va produire deux effets collatéraux:
– Baisse du marché des disques externes au profit des pays voisins non soumis à cette taxe.
– Effondrement des ventes de disques externes au profit de boîtiers nus + disques.
Cette disposition est à notre avis d’autant plus aberrante que l’on est en droit de se demander quel pourcentage des disques de plus de 200 Go vendus le sont pour stocker intégralement des documents sur lesquels la copie privé a une prise légale. On est sans le moindre doute très très loin de la majorité de ces produits achetés.

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  • Louis, j’ai repris ton billet, et voici mon commentaire :
    La capacité de stockage des disques durs progresse en exponentielle. C’est le propos de la Loi de Kryder : « the storage capacity of hard drives doubles every 13 months… ».

    J’en avais déjà parlé dans mon billet en anglais http://www.vipeers.com/vipeers/2007/03/the_explosive_d.html, où je reprenais également une citation de David Eun :

    An iPod can hold roughly 10,000 songs. Increase the storage capacity every 13 months, something the size of an iPod could store one year of video in another few years. By 2015, you could store all the music ever produced. By 2020, the same sized device could store all the content ever created.

    Au delà du vertige habituel qu’on ressent lorsqu’on prend la mesure du progrès des technologies numériques, on peut se demander quelle serait l’évolution de ces taxes pour « accompagner » (j’ai envie d’écrire « entraver ») le progrès. Bientôt il s’agira de vous taxer 20 euros sur le prix d’un baladeur de musique sous prétexte qu’il peut contenir toute la musique jamais enregistrée. Je n’ai pas l’impression que ça tienne debout.

    Je suis donc 100% d’accord avec toi, LVP.

  • Merci Louis.
    La France est un vieux pays à l’héritage complexe. Ces 30-40 dernières années, on a vu un certain nombre de dérives se mettre en place et bloquer le système, souvent par volonté politique et manque de courage intellectuel, surtout par l’addition des incompétences entretenues par notre système.
    Les générations passent, se renouvellent, il est temps qu’une nouvelle génération d’hommes politiques réforme avec force, courage et conviction un pays qui s’est sclérosé et manque de souffle quand le reste du monde est lui bien en marche.

  • Benoit

    Salut LVP,

    Je suis globalement d’accord avec toi sur cet article.

    Je voudrais juste apporter une précision. Tu demandes « Que devient cet argent collecté ? Comment est-il redistribué ? Quelle part va réellement aux artistes, quelle part en “frais de gestion” ? »

    L’argent collecté représente 156 millions d’euros.
    • 75% part à la Sacem qui la distribue aux artistes selon des critères que je ne connais pas en détail (passages à la radio, en boîte)
    • 25% part à l’Adami qui la reverse aux interprètes.

    Alors que fait l’Adami de ces quelques 40 millions d’euros (et c’est la seule source de financement de l’Adami contrairement à la Sacem) ?

    Une partie part évidemment en frais de gestion – même si je sais qu’ils sont assez mal payés là-bas (ma copine y travaille :-))

    Le reste part en parrainage de manifestations culturels, de tout ordre : festivals rock, concerts de musique classique mais aussi spectacles de danse, courts-métrages, cirque, arts graphiques etc. Il faut savoir que les manifestations parrainées font en général la promotion d’artistes jeunes et/ou inconnus.

    Bref, ça aide les spectacles et donc les interprètes (le ‘i’ de Adami). Beaucoup de manifestations culturelles existent grâce à tes achats de CD-Rs, DVD-Rs et disques durs.

    Effectivement, même si la finalité est plutôt louable, le circuit suivi par cet argent est assez étrange : j’achète un disque dur pour backuper mes photos et grâce à moi une danseuse peut se produire au festival de Cahors.

    Il en va ainsi de l’ensemble de la politique culturelle en France : quand tu payes 9€ pour aller voir Shrek 3, tu verses 1€ pour financer le prochain film de Arnaud Desplechin qui sera vu par 3000 personnnes.

    L’Etat Français (tes élus !) considère la culture comme un art et non comme une industrie et part donc du principe qu’il faut la subventionner. Ces subventions se font donc par des moyens plus ou moins détournés. Ailleurs qu’en France, soit la politique culturelle est très réduite, soit elle dépend uniquement de mécènes privés.

    C’est effectivement un peu contestable, ça manque de transparence mais je ne crierai pas au scandale non plus.

    Benoit

    (pour avoir plus de chiffres : http://www.adami.fr/portail/upload/gestion_fichier/Evenements/copie_privee/Dossier_presse_copie_privee.pdf