3i abandonnerait l’amorçage ?

3i logo.jpg

Lu sur NetEco de la plume de Jérôme Bouteiller : « Capital Risque : 3i compte abandonner l’amorçage par Neteco.com« .

Voilà une bien mauvaise nouvelle qui vient s’ajouter à beaucoup de discussions récentes sur le sujet, pour ne pas dire de « bruits de couloir », qui indiquent un très fort repli à prévoir du Capital Risque en Europe et aux États-Unis (les NTIC étant le secteur le plus touché), la France étant plus fortement concernée car elle attire historiquement moins les investissements que le Royaume-Uni. L’amorçage, dit « Early Stage » en anglais, étant effectivement moins rentable pour beaucoup de fonds, c’est ce secteur qui va être touché le plus fortement.

Hélas le secteur de l’amorçage étant aussi celui qui est historiquement le moins développé en France, un point majeur sur lequel on bute pour créer un écosystème vertueux créateur d’entreprises innovantes, on peut s’inquiéter de l’impact sur un secteur déjà difficile.

Hasards du calendrier, cela tombe à un moment où bon nombre d’entrepreneurs ont fait plusieurs allers et retours dans la Silicon Valley ces derniers mois pour y tâter le terrain, que Loïc Le Meur y est installé depuis août et exhorte les entrepreneurs à ne plus se poser de questions et à y partir, et que 8 de nos fidèles membres de l’OpenCoffee sont en pleine tournée californienne la tête pleine de rêves…

J’ai failli partir il y a quelques années… si la situation se dégrade réellement, je ne me poserai pas trop de questions, je me sens comme chez moi dans la Valley, en phase avec cette énergie positive et constructive, séduit par la qualité de vie qu’on y trouve. Internet, le Mobile, l’IPTV, tant de choses sont en train de se créer, il y a tant à inventer et créer, que si notre écosystème ne sait être en phase, il faudra aller là où se créent les usages et technologies de demain.

Pour le moment, pas de panique, observons concrètement!

  • Bonsoir,

    En ce qui concerne 3I France cette annonce ne change rien car l’équipe Parisienne ne fait pas d’amorçage qu’il soit :
    -Technologique ( financer de la R/D, la phase de conception)
    – Commercial ou de production

    Pour plus d’informations je vous propose une interview vidéo de monsieur Jean-David CHAMBOREDON, Associé de 3I et en charge du département capital risque…..


    Vidéos Exclusives: Rencontrer un des leaders du capital risque mondial: 3I

  • Oui Louis, cela va mal …d’un coté beaucoup d’investisseurs ont scié la branche sur laquelle ils étaient assis. L’une de leur maxime préférée : « last cash is best cash ». Qu’est ce que cela veut dire … simplement que si tu ne suis pas une levée de fond, tu sors. Dans ces conditions, pourquoi investir trop tôt et prendre la maximum de risque et la charge de travail maximale ?
    Plus grave, compte tenu des montants d’amorçages de moins en moins élevés (quelques centaines de milliers d’euros) … comment alors rentabiliser des fonds de type FCPI qui s’expriment en centaines de millions d’euros et qui doivent s’investir en un nombre d’années limitées (8 ans mais on sait très bien que l’essentiel des investissements doivent être faits dans les 4 ans, de façon à « provisionner » les tours suivants).
    Bref … risque maximum, travail maximum, valorisation très difficile, surtout maintenant où pour certains, tout semble bouché … dur, dur …
    Cependant, des possibilités existent …
    1/ partir de ce pays, comme tu l’indiques et aller vers des contrées plus accueillantes pour les entrepreneurs (j’ai failli moi aussi partir il y a quelques années, mais j’ai fais le pari que cela devrait être encore possible aussi ici … et qu’il faut bien le tenter pour nos enfants)
    2/ travailler avec des bons, qui sont là pour le moyen / long terme … cela existe. Il existe encore dans cet univers de brutes des investisseurs professionnels qui comprennent que l’enrichissement sans causes réelles et sérieuses, sans travail et en moins de deux ans, ce n’est pas très sérieux.
    3/ essayer de mettre en place de nouvelles règles, un nouvel éco-système, plus solidaire, où la chaîne du financement fonctionne réellement et respecte tous les acteurs. Cet éco-système pourrait, d’ailleurs, avoir pour finalité d’aider VRAIMENT et de favoriser l’accès au marché pour les startups, qui me semble être la deuxième difficulté de taille.
    Faut-il pour cela aller jusqu’à « sécuriser » un nouveau fond d’investissement ?
    Est-ce que des tentatives intéressantes comme celles de P2P Venture peuvent changer les choses ?
    Faut-il proposer aux « instances » des méthodes pour rendre plus « fluide » les investissements des professionnels … une plateforme électronique de type « bourse », backée par des institutionnels comme Oséo, avec des règles prédéfinies et claires, par exemple.
    Faut il voir se développer plus d’expériences comme Agregator ?

    Bref, je crois qu’il va falloir se bouger, car il est difficile de tenir sur les branches d’un arbre que l’on esquinte jour après jour.

  • Allez, on se retrouve tous le 19 avril au SparkCampParis pour faire bouger les choses 🙂

    http://barcamp.org/SparkCampParis

    Tous les VCs de la place sont cordialement invités pour venir se joindre à l’ensemble des autres acteurs de l’écosystème qui seront là pour construire les séquoias de demain (entrepreneurs, angels, coaches, professionnels,..)

  • Mauvaise nouvelle en effet, je crois toujours que l’on peut faire plein de bonnes choses en Europe… mais cela va moins vite. En tout cas pour moi et toute la famille l’experience est jusque la au dela de toutes nos esperances nous sommes super heureux ici.

  • Pingback: Louis van Proosdij Duport » 3i et amorçage, l’interview de Jean-Davis Chamboredon dans NetEco()

  • Hello Louis

    Comme le dit Jean-Philippe, 3i France ne faisait pas vraiment de capital d’amorçage. ça ne devrait donc pas changer grand chose au paysage Français du capital risque, non ?

    François

  • >François
    C’est surtout le trend qui est gênant