Christine Albanel : Formidable, 5 millions de titres gratuits !!!!

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Madame Christine Albanel interviewée dans 20minutes.fr sur la loi Hadopi s’exprime ainsi :

« Je vais souvent sur Deezer, je trouve formidable d’y trouver plus de 5 millions de titres gratuitement« 

« L’autre soir, après avoir regardé le documentaire d’Eric Tabarly dans lequel il chante une très belle chanson de marin, on est allé avec mon fils écouter cette chanson [gratuitement] sur Deezer. J’écoute aussi Tracy Chapman, Camille ou Barbara [gratuitement].« 

Madame Albanel, vous êtes-vous posé la question de qui paie votre écoute gratuite si « formidable » ? En effet, ça doit être FORMIDABLE ce sentiment de GRATUITÉ, mais quelle est votre contribution à l’artiste ? Concrètement ?

« Les artistes mobilisent leurs énergies pour créer; tout cela ne peut pas être balayé d’un clic, parce que vous leur voleriez ce travail. Il doit y avoir une prise de conscience si parallèlement, l’offre de téléchargement légal est alléchante.« 

Je repose la question, qui paie ?
Comment rémunère t-on l’artiste que vous écoutez gratuitement ?
N’avez-vous pas justement le sentiment de « balayer d’un clic tout cela » ?

Le réveil sera difficile…!

Discours de présentation du Plan Numérique 2012

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Demain matin, j’aurais l’honneur d’assister au discours que prononcera notre Président de la République à l’occasion de la présentation du Plan Numérique 2012.

Le sujet est extrêmement important même si l’actualité économique risque fort de laisser peu de bande passante aux annonces attendues. Je reviendrai plus tard sur ce plan, élément capital pour l’écosystème des startups internet qui m’est cher.

Mise à jour :

En raison de la mise en oeuvre des conclusions du Sommet des États de la zone euro, le discours de M. le Président de la République prévu ce (lundi) matin sur le plan de développement de l’économie numérique est reporté à la semaine prochaine. Nicolas Sarkozy devait présenter en fin de matinée à l’Élysée le plan du gouvernement pour le développement de l’économie numérique, qui a pour ambition de rattraper le retard pris par la France dans ce secteur.

C’est en fait une bonne nouvelle, car comme je l’avais souligné dans mon premier post, l’actualité économique étant très chargée, il est fort probable que ce Plan Numérique 2012 n’ait pas eu la visibilité médiatique qu’il mérite. Rendez-vous lundi prochain a priori.

Un Google français n’est pas qu’une utopie

J’adhère totalement, je reproduis dans son intégralité, je n’ai rien à ajouter, tout est dit :

Publié par Jérôme Bouteiller le Mardi 8 Juillet 2008
Un Google français n’est pas qu’une utopie

Catherine Barba, François Bourdoncle, Mats Carduner, Pierre Kosciusko-Morizet, Laurent Kott, Cédric Manara et Mark Zaleski ont décidé de prendre la plume pour signer cette tribune, diffusée ce matin dans les colonnes du Monde (8 Juillet, Page 8), et revenant sur le thème d’un « Google français »… Nous reproduisons le texte dans son intégralité.

Après avoir déclaré qu’il ne serait pas le ministre de la « castration de l’Internet », Eric Besson (secrétaire d’Etat chargé de la prospective, de l’évaluation des politiques publiques et de l’économie numérique) ajoute qu’il aimerait que sa mission contribue à faire en sorte que le prochain Google soit français. Voilà un slogan qui a le mérite d’être simple, mais qui ne doit pas faire sourire.

Car la France a de très nombreux atouts. Le contexte français du haut débit constitue notamment un terrain très favorable. Grâce à une politique stimulant la concurrence, les offres d’accès haut débit en France figurent parmi les moins chères et les plus innovantes au monde. Ce terreau favorable a commencé à porter ses fruits, et quelques jeunes pousses nationales montrent le bout de leur nez sur la scène européenne et mondiale de l’Internet.

Notre première recommandation serait justement de maintenir le modèle ouvert qui a fait le succès de l’Internet et permis à un foisonnement de sites, de nouveaux services, d’applications innovantes, de contenus, d’avoir accès d’emblée à 1,3 milliard d’internautes. Certains opérateurs de télécommunications sont tentés de prendre le contrôle de cet espace ouvert. Un comportement surprenant d’ailleurs, au regard de ce que leur apporte directement le développement des acteurs du Web, ne serait-ce qu’en termes de revenus publicitaires et de débouchés sur des activités nouvelles de création et de diffusion de contenus. Un Internet non « neutre » introduirait surtout un péage à l’entrée à la rigueur soutenable pour des acteurs de l’Internet déjà établis, mais difficile à franchir pour les jeunes pousses.

Car le vrai sujet consiste à regarder comment l’économie française peut donner naissance non seulement à un champion mondial de l’Internet, mais aussi et finalement surtout à de nombreuses entreprises florissantes dans ce domaine. Pour paraphraser notre titre, n’oublions pas, au bout du compte, qu’un Google ne vient jamais seul !

C’est là un objectif que l’on se gardera donc de rapprocher du préhistorique plan calcul, dont les résultats furent si peu probants… En fait, notre principal message aux pouvoirs publics serait, paradoxalement, d’en faire… le moins possible ! Laissez agir les entrepreneurs, ils sauront évoluer, se regrouper, changer leur fusil d’épaule. Ils n’ont pas besoin de subventions. Par contre, osez défendre l’avenir contre le passé et non l’inverse ! L’économie numérique bouscule, parfois fortement, les secteurs plus traditionnels. C’est une bonne chose ! N’ayons pas peur des changements, prenons-les à bras le corps, cherchons à en être à l’avant-garde, le bilan sera, au final, largement positif. Il y a trois ans, Jean-Pierre Jouyet, l’actuel secrétaire d’Etat aux affaires européennes, et Maurice Lévy, le président de Publicis, publiaient un rapport qui a marqué les esprits. A la page 11, ils écrivaient : « Dans de nombreux domaines confrontés à un changement technologique, nous nous demandons comment protéger l’existant, alors qu’il faudrait d’abord chercher à tirer au mieux parti du changement.  » Il n’y a pas une virgule à modifier. Rien que du bon sens.

Ce sera donc notre autre message phare : l’économie numérique est davantage « génitrice » d’opportunités que de risques. Profitons-en ! Ces messages ont leur versant juridique. Savez-vous que la France est le pays du monde où les entreprises de l’Internet doivent faire face au plus grand nombre de procédures juridiques ? Quelle que soit la validité des procédures, elles nous semblent surtout révélatrices de peurs, d’appréhensions face au changement, de réflexes de crispation. Encore ne s’agit-il que des tribunaux, mais quand les élus de la nation se mettent en tête de revoir la loi pour la rendre encore plus protectrice des situations du passé, il est certain que l’innovation n’en sortira pas gagnante, et encore moins l’économie française. Il faut un environnement juridique qui, sans pour autant laisser faire n’importe quoi, laisse une marge à l’innovation.

Dernier point, cerise sur le gâteau : les taxes. Dans ce domaine, nous le savons, la créativité peut être grande. Peut-on la limiter ? Imagine-t-on aujourd’hui taxer les Vélib’ pour financer la hausse du prix du gazole ? C’est pourtant à cette situation absurde que font penser les projets récurrents de taxation de l’Internet pour contrebalancer les résistances au changement et à la migration vers le numérique de tel ou tel secteur. Par exemple, taxer l’Internet pour financer la télévision.

Le prochain Google peut-il être français ? Chiche ! Rendez-vous dans dix ans.

Catherine Barba, fondatrice et présidente de Malinea (Cashstore.fr) ;
François Bourdoncle, fondateur d’Exalead ;
Mats Carduner, directeur général de Google France et Europe du Sud ;
Pierre Kosciusko-Morizet, PDG de Price Minister et président de l’Association des sites Internet communautaires ;
Laurent Kott, directeur général d’Inria-Transfert ;
Cédric Manara, professeur associé à l’Edhec Business School ;
Mark Zaleski, PDG de Dailymotion.

Le Premier Ministre François Fillon à la Cantine et en live sur QNTV

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Le Premier Ministre, François Fillon, se rendra demain mercredi 28 mai de 17h00 à 18h30, à La Cantine, accompagné d’Eric Besson, Secrétaire d’Etat chargé de la Prospective, de l’Evaluation des politiques publiques et du Développement de l’économie numérique.

A la veille du lancement des Assises du Numérique cette visite sera l’occasion pour François Fillon de découvrir cet espace de travail collaboratif dédié aux nouvelles technologies créé par Silicon Sentier, et de s’entretenir avec des entrepreneurs sur les enjeux liés au développement du secteur des TIC.

Stéphane Distinguin, Président de Silicon Sentier, reçoit donc François Fillon et 6 entrepreneurs du WEB afin d’échanger avec le Premier Ministre :

  • Yseulys Costes, Présidente et fondatrice de la société Mille Mercis
  • Emmanuel Guyot, Président et fondateur de la société Digitick
  • Bertrand Diard, cofondateur et Président de la société Talend
  • Marc Reeb, cofondateur de Viadeo
  • Thomas Serval, Président de la société Baracoda
  • Louis van Proosdij, Président de Fair Play Interactive TV et fondateur de l’OpenCoffee Club.

Le débat sera animé par Luc Fayart, journaliste de Radio-Classique (101.1 Mhz à Paris) (dans « L’actualité high-tech », tous les vendredis matin, à 7h50)

Hélas l’événement n’est pas public pour des raisons de logistique, mais il sera retransmis en live sur QNTV :

http://qntv.fr/

Ne ratez pas l’événement 🙂

Et bravo à La Cantine!!

Non au boycott des Jeux Olympiques, oui à la liberté d’expression et aux droits de l’homme

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Après lecture sur le blog de Laurence Thurion : « Non au boycott des Jeux Olympiques, oui à la liberté d’expression et aux droits de l’homme« 

Je suis en total accord avec ce qu’écrit Laurence.

Triste spectacle que cette flamme malmenée et ces sportifs bousculés alors qu’ils ne font que transmettre l’esprit des Jeux. La flamme n’est ni un drapeau, ni un porte-drapeau chinois. Laissons les sportifs à leurs Jeux, et libres d’exprimer à leur façon et au moment de leur choix leur éventuelle désapprobation de la politique chinoise.

Pour ma part, je rêve de voir le jour de la cérémonie d’ouverture, en fin de cérémonie, tous les sportifs se coucher à plat ventre au sol restant immobiles 15 ou 30 minutes, en silence, avant de se relever et poursuivre en paix.

Et je rêve qu’au même moment le monde entier se constitue en Freeze planétaire, en symbole du soutien à l’ensemble du peuple chinois, Tibétains inclus, et en symbole de l’opposition à la politique du gouvernement chinois.

Agriculteur, un métier d’avenir

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Agriculteur, un métier d’avenir, avec une image forte dans la société, et des fortunes assurées :

  • De 1974 à 2005 le prix de l’alimentation sur les marchés mondiaux a chuté des 3/4.
  • Depuis le printemps le blé a doublé de prix.
  • La consommation de viande par Chinois est passée de 20kg en 1985 à 50kg cette année.
  • Il faut 8kg de grain pour produire 1kg de boeuf.
  • Cette année 1/3 de la production de maïs américain servira a produire du biofuel.
  • 1 seul plein de biofuel nécessite en maïs de quoi nourrir un homme 1 an.
  • La part de maïs absorbée par les besoins en biofuel représente la moitié de la chute des stocks mondiaux de grain.

A lire absolument : « Food prices | The end of cheap food | Economist.com« 

Le fond de l’article est bien plus intéressant encore que ces seuls extraits !

Wikipedia: Le libre accès à tout le savoir humain

Un appel vidéo de Jimmy Wales fondateur de Wikipedia:

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Et je réitère : Idée que je défends depuis des années : une participation “obligatoire” à Wikipédia pour les étudiants du supérieur, et dans le cadre de TPs en classe pour les élèves du secondaire

L’Amérique, Bush, l’Iraq, Sarkozy, Kouchner, la France s’élèverait-elle sur la scène diplomatique ?

Quai Orsay



J’ai fait un rêve…

  • Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner sont deux hommes ayant un réel respect mutuel.
  • Sarkozy est élu président, il veut constituer une belle équipe, réunir des compétences.
  • Il appelle Kouchner, les deux hommes parlent. Ils échangent leurs visions du monde, des conflits, de l’humanitaire, de la diplomatie, du rôle de la France sur l’échiquier. Les deux hommes s’entendent, partagent bon nombre de ces visions.
  • Sarkozy propose à Kouchner les Affaires Etrangères.
  • Il n’est pas question de politique politicienne entre les deux hommes, le débat est au-dessus, loin des querelles de partis et des visions étriquées, à court terme, de la classe politique.
  • Kouchner ne décide pas en tant qu’homme de partis, mais en homme de terrain convaincu, qui sait qu’on se fout de la couleur politique, religieuse, faciale, d’un homme qui arrive sur une civière, on le soigne. Que quand les balles sifflent de toutes parts à Beyrouth et que les chrétiens se réfugient dans une église, on y accueille tous les enfants, juifs, musulmans, et non les seuls maronites. Bref.
  • Kouchner rejoint Sarkozy, sans renier ses convictions politiques “de parti”.
  • Pendant la campagne électorale, Sarkozy se rend aux États-Unis et y rencontre Bush.
  • Sarkozy à peine élu reçoit les félicitations appuyées de Bush.
  • À peine en vacances Sarkozy se rend chez Bush.
  • Kuchner débarque en Iraq, la première visite d’un chef de la diplomatie française en Irak depuis le début de la guerre américaine. Il y rencontre les dirigeants et y exprime un discours intelligent, subtil, et très encourageant. La France, pour la première fois depuis longtemps, s’exprime en Iraq, avec les dirigeants iraqiens, et sur l’Iraq et non juste sur “le conflit iraqien”.

Et si…

Et si Sarkozy était subtilement allé voir Bush pour discuter d’homme à homme, plutôt que s’élever contre lui par déclarations interposées ?

Et si Sarkozy avait proposé à Bush que la France l’aide à sortir de la crise iraqienne, par une voie diplomatique intelligente, sortir de l’enlisement, de la spirale dramatique du chaos et du sang ?

Et si Kouchner pouvait occuper le terrain diplomatique en Iraq, Bush convaincu par Sarkozy ?

Et si la France jouait un rôle majeur dans la sortie de la crise iraqienne, forte de sa connaissance de ce pays complexe par son histoire et ses cultures, laissant Bush et son armée se retirer en douceur au profit d’une présence internationale plus neutre ?

Et si une partie du travail de négociation avec les différentes factions opposées entre elles en Iraq avait déjà été fait, et qu’une prise de distance manifeste des Américains soit un préalable négocié et entendu ?

Et si des signes d’apaisement en Iraq se faisaient rapidement sentir ?

Et si l’Amérique se retournait sur elle-même, délaissant l’Iraq, reportant ses projets “d’investissements” en Iraq sur son génie civil, la santé publique et sa dépendance énergétique ?

Et si Bush s’en sentait soulagé, Sarkozy s’en trouvait incontournable à l’international, Kouchner s’en trouvait le French Doctor de la Paix, et la France grandie sur l’échiquier international ?

Et si ce n’était pas un rêve…?

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Une participation obligatoire à Wikipédia pour les élèves et étudiants

Wikipedia Logo

Voilà une idée que je défends depuis des années, une participation “obligatoire” à Wikipédia pour les étudiants du supérieur, et dans le cadre de TPs en classe pour les élèves du secondaire.

Voilà un excellent outil pour motiver et donner confiance en eux aux élèves, tout en leur apprenant la recherche personnelle, le travail collectif, l’esprit de contribution, le goût du savoir.

La France étant proportionnellement douée pour rattraper ses retards qu’elle est capable d’en prendre, serons-nous le premier pays à instaurer officiellement ce travail encyclopédique universel ?

La participation à Wikipedia devrait être obligatoire dans le monde entier pour les étudiants de premier et deuxième cycles, et pour ceux qui préparent un Master” : Steve Fuller dans “L’encyclopédie Wikipedia, notre Moyen Age virtuel

via : “Steve Fuller prône une participation obligatoire à Wikipédia pour les étudiants du supérieur” via Jean-Luc Raymond sur son Twitter.

Et vous qu’en pensez-vous ?

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Les réductions d’impôts en des termes que n’importe qui peut comprendre…

Direction Générale Des Impôts

Comment expliquer simplement les tranches fiscales, l’impact sur la contribution de chacun et comment se traduisent les réductions d’impôts. Simple, factuel et objectif.
Lu chez Jean-David Chamboredon dans son post “Parabole fiscale” et copié/collé ici avec son accord :

Avis au prochain “Ministre des comptes de l’Etat” : faire preuve de pédagogie

Les réductions d’impôts en des termes que n’importe qui peut comprendre…

Supposons que, chaque jour, 10 potes sortent prendre quelques bières et que leur addition se monte à 100€.

S’ils payaient leur addition de la manière dont nous payons nos impôts, la répartition ressemblerait à ça :

* Les quatre premiers (les plus pauvres) ne paieraient rien.
* Le cinquième paierait 1€.
* Le sixième paierait 3€.
* Le septième paierait 7€.
* Le huitième paierait 12€.
* Le neuvième paierait 18€.
* Le dixième homme (le plus riche) paierait 59€.

C’est ce qu’ils décident de faire et sont ravis de cet arrangement jusqu’au jour où le barman leur dit : “Puisque vous êtes tous de si bons clients, je vais réduire le coût de votre addition quotidienne de 20€.”

Le groupe décide de prolonger l’arrangement initial. Cela ne changerait rien pour les quatre premiers mais pour les six autres, les clients “payants”. Comment s’assurer que chacun bénéficie équitablement de cette réduction ?

Ils calculent que 20€ divisé par six revient à 3,33€. Mais cela reviendrait à payer le cinquième et le sixième pour boire leurs bières ce que tous trouvent vraiment trop absurde….

Comme ils n’arrivent pas à se mettre d’accord, le barman leur propose de réduire lui-même l’addition de chacun afin que tous y gagnent :

* Les quatre premiers continuent à ne rien payer.
* Le cinquième, qui ne payait qu’un euro, rejoint les quatre premiers et ne paie plus rien (économie de 100 %).
* Le sixième paie désormais 2€ au lieu de 3€ (économie de 33 %).
* Le septième paie 5€ au lieu de 7€ (-28 %).
* Le huitième paie 9€ au lieu de 12€ (-25%).
* Le neuvième paie 14€ au lieu de 18€ (-22%).
* Le dixième paie 49€ au lieu de 59€ (-16%).

Ainsi chacun s’en tire mieux qu’avant (et oui, ils ne payent plus que 79 ! pas de ma faute si le barman est généreux).

Mais une fois en dehors du restaurant, ils commencent à comparer leurs économies respectives.

“J’ai seulement obtenu un euro d’économie sur 20, alors que n°10 en a obtenu 10”, se plaint n°6.

“Ouais, c’est exact”, hurle n°5. “Moi aussi je n’économise qu’un euro ! Il est totalement injuste que n°10 obtienne 10 fois plus que moi !”

“Ils ont raison”, entonne n°7. “Pourquoi devrait-il récupérer 10 ? quand j’en récupère seulement 2 ! Ce sont toujours les riches qui profitent !”

“Attendez une minute !!!” ajoutent les quatre premiers à l’unisson. “Nous, nous n’avons rien obtenu du tout ! Le système exploite les pauvres !”

Les neuf mécontents entourent le dixième et lui cassent la figure.

La nuit suivante, le dixième homme ne vient pas au bar. Quand vient l’heure de payer, les autres découvrent qu’ils n’ont pas assez d’argent à eux tous pour payer ne serait-ce que la moitié de l’addition !

Et c’est ainsi que notre système fiscal fonctionne : ceux qui paient le plus d’impôts bénéficient automatiquement d’une réduction d’impôts plus importante.

Taxez les trop, attaquez-les et ils décideront peut-être tout simplement de ne plus rincer les autres.

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Alain Duhamel « off », internet, vidéo, et suspension

Alain Duhamel

L’actualité qui touche Alain Duhamel, suspendu par France Télévision, ainsi que son interview dans Libération, m’inspirent quelques commentaires.
Il y a quelques mois, Alain Duhamel s’est exprimé « off », dans un cadre privé, venu débattre avec Marielle de Sarnez (vice-présidente de l’UDF), devant 60 étudiants UDF de Sciences-Po Paris. Lors de ce débat, répondant à une question sur l’Europe, et après avoir critiqué un peu vivement le début de campagne de François Bayrou, il exprima qu’il voterait pour ce dernier, omettant de préciser sa pensée.
Très claire, précise, honnête, sincère, sage, professionnelle, je vous invite à lire son interview dans Libération : «Je me suis laissé aller»

Je trouve déplorable cette suspension d’Alain Duhamel. Il s’est exprimé dans un cadre privé. C’est l’homme qui s’exprimait, pas le journaliste sur un plateau de télévision ou dans une tribune. Il y a dérive. Tout comme il y a dérive quand on écarte Marie Drucker parce qu’elle partage sa vie avec François Baroin, ou Béatrice Schönberg parce qu’elle est mariée à Jean-Louis Borloo.

Aujourd’hui chaque téléphone mobile est potentiellement un appareil photo, un Dictaphone et une caméra vidéo. Quiconque est présent dans la salle peut enregistrer, filmer à tout moment. Avec internet et l’évolution vers ce qu’on appelle le « web 2.0 », quiconque possède une photo, un enregistrement audio, une vidéo, peut diffuser ces contenus librement, massivement. Là où les professionnels de l’audiovisuel doivent respecter le « droit à l’image », les amateurs photographient, filment, et diffusent ces images d’autrui sans qu’aucun accord soit demandé.

Hier soir, au restaurant, à la table en face de moi, un type filmait avec son téléphone. Aujourd’hui, sans mon avis, une vidéo dans laquelle j’apparais, potentiellement datée, filmée dans un lieu facilement reconnaissable, est peut-être diffusée sur un site ou sur un blog, lequel site ou blog peut, de plus, traiter de sujets auxquels je peux me trouver associé par la seule présence de mon image. Le sujet n’est pas simple à traiter, mais il est important.

Dernier commentaire, lisant ceci dans l’interview :

« Je n’en reviens toujours pas. On en serait à 74 000 consultations… C’est incroyable. On m’a dit que c’est sur un gros système. J’ai oublié le nom. Vous savez, pour moi, Internet, les blogs, c’est la génération de mes arrière-petits-enfants. J’ai 66 ans et jamais je n’ai allumé un ordinateur. Depuis quarante-six ans, j’écris mes papiers à la main. »
Alain Duhamel – Libération, 17 février 2007

Je suis stupéfait. 66 ans c’est encore jeune. Quand les premiers ordinateurs ont envahi la presse papier, il n’avait que 46 ans. Ma mère, à 77 ans, a un iMac et relève ses mails tous les jours. Bien évidemment, ceci ne change rien à l’affaire de sa déplorable suspension, ne remet pas en cause les compétences de ce brillant journaliste, mais hélas témoigne du décalage profond qui frappe le monde de la politique face à l’évolution de notre société.

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